Making-of d'un jeu, chapitre 3 : de la vision à la réalisation.Philippe sèche devant son écran. Il scrute Café Salé, un site qui réunit graphistes et dessinateurs. Qui va pouvoir mettre en image le thème "londoniano-victoriano-juste-post-révolution industrielle" de Divinare ?
Avant tout, il s’agit de définir un axe, un positionnement, de donner une couleur générale au jeu. Comment dépeindre le Londres victorien dans ce jeu ? Adopter un angle plutôt comique ? Partir sur du réalisme sordide ?
Au-delà , comment le représenter ? En style « gros-nez » de la BD franco-belge ? En comics ? En noir et blanc ? En photo ? Mais que fait Stéphane Kot en ce moment ?
Après des heures de piges, dix cafés et quatre réunions, diverses décisions sont prises par Croc et Philippe. Le Londres de Divinare sera plutôt « Lord Wellington et nappe de satin pourpre » que « péripatéticiennes et pavés noircis par le charbon des usines ».
Quant au look, Philippe s’est fait sa petite idée. Ça fait un moment qu’il veut bosser avec un dessinateur précis et plusieurs fois qu’ils se loupent, faute d’emplois du temps compatibles. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?
Le lendemain, Philippe raccroche son téléphone, l'air ravi. Il sort d’un bref entretien avec l’élu ! Ce dernier a du temps. Benjamin Carré sera l’illustrateur de Divinare. Il lui commande cinq personnages, quatre thèmes majeurs de la divination, ainsi qu’une couverture, des cartes de tarot et leur verso.
Très vite, ça phosphore et les échanges se font entre tous les intervenants du projet. Benjamin apporte non seulement une patte, un univers, mais aussi des idées. Et des bonnes !
La première image arrive. Elle nous met tous par terre. Pour certains, les plus émotifs, littéralement.
Benjamin est arrivé dans des temps record à un photo-réalisme saisissant ! Cela présage de belles choses à venir. Le deuxième dessin qui nous parvient est l’un des personnages jouable dans Divinare : le fakir. Une fois de plus, le travail de Benjamin est époustouflant.
Et on ne dit pas ça parce qu’on édite le jeu ! Voyez par vous-même :

Les dessins se suivront, et tous, tous, tous, seront acceptés dès le premier jet. Incroyob’, comme dit tonton Jean-Pierre, avec son accent sud-finistérien.
Comme dans toute bonne promotion de film, si j’étais l’actrice principale, je dirais « Ça a été une aventure formidâââââble, toute l’équipe du film a été incroyâââââble, Jean-Dan’, notre réalisateur, est LE génie de sa génération». Sauf que là , pour le coup, c’est vrai.
De ces beaux dessins, il faut maintenant concevoir les cartes de Divinare. Et c'est plus facile à dire qu'à faire, puisqu'il faut respecter le thème sans entacher l’ergonomie du jeu (c'est comme la jouabilité, mais en mieux).
Certains suggèrent de faire un véritable jeu de tarot, avec des figures, etc. Mais le risque de confusion est bien trop grand. Finalement, l'équipe décide de faire figurer le moyen de divination de la carte avec sa couleur dominante et d'opter pour un dos de carte classique.
Le format retenu sera tout de même celui des cartes de tarot, car il ne faut pas déconner, tout de même.
Reste à assembler tout ça. Un travail pour la Bouly Team, notre service PAO à nous qu’on a en interne de la porte d’à côté de mon bureau (à droite, à gauche, ce sont les vécés).




Comme ils sont sympas, nous avons pu récupérer quelques images des
cartes du jeu, juste avant le montage final (qui comporte une bordure noire du plus
bel effet, d'ailleurs). Les plus attentifs d'entre vous pourront repérer
dans cet article les dessins qui ont inspiré certaines cartes.
C'est tout ? Pas tout à fait. Il reste un gros morceau : la couverture. Pas besoin de regarder dans la boule de cristal ci-desous, c'est le sujet du prochain épisode.
Note : suite à la remarque du jeune stagiaire de la com', voici les liens avec les épisodes précédents de cette chronique :Le premier et le second !
Il ira loin, ce petit breton.